lundi 12 janvier 2015

Les grands principes de l’écriture journalistique

L'écriture journalistique requiert des règles et codes spécifiques qui structurent organisent et codifient son contenu pour optimiser sa transmission au lecteur.Ce mini-cours s'adresse aux futurs journalistes et à tous ceux qui souhaitent apprendre la construction d'un article journalistique pour devenir des lecteurs réactifs.

Comment bien commencer ?

Le titre d'un papier, c'est le premier contact du lecteur avec l'article.
Pour accrocher le lecteur, le titre doit être percutant et créer un désir.
Choisir un titre court
Le titre doit être court, pour que le lecteur sache tout de suite ce qu'il va lire dans l'article. Pour créer une envie, le journaliste utilise des mots "chocs".
Ces mots sont simples et doivent toucher le plus de lecteurs possibles.
Il n'est pas rare qu'un article commence par un dicton ou un jeu de mots.

Ecrire un chapeau
Le chapeau est le terme journalistique qui désigne le sous-titre ou le sur-titre. C'est en général une phrase ou deux écrites en caractères plus petits que le titre, qui expliquent le contenu de l'article. Le journaliste doit prolonger le désir du lecteur en résumant le contenu de l'article de manière attractive (citations, morceaux choisis, anecdotes).

Cohérence titre-chapeau
Si votre titre est attirant, le lecteur lira instantanément le chapeau, d'où l'importance d'une cohérence et d’une complémentarité entre le titre et le chapeau.
On parle de "parcours de lecture" pour déterminer le chemin que parcourt l’œil du lecteur sur la page entière du journal. Et, 9 fois sur 10, le titre et le chapeau sont lus dans le même temps.

Les éléments structurants

Le corps d’un article journalistique comprend trois composantes spécifiques : L'attaque, les relances et la chute.
Etudions leur rôle respectif.
L'attaque
L'attaque, c'est la première phrase de l'article. C'est l'entrée du lecteur dans le papier.
Comme le titre, l'attaque est souvent "punchy" (surprenante). Pour les débutants, il est préférable de choisir une attaque courte et rythmée. Son but est de plonger le lecteur dans une ambiance, pour donner le ton de l'article.
Prenons un exemple d’attaque : "Lundi 8h00 prison de la Santé".
Cette phrase est courte et rythmée. Elle nous donne le lieu et l'horaire de l'action.
Mais l'attaque peut aussi commencer par une citation d'un " acteur " du sujet. Ex : "J'ai pensé à me suicider". Ce type d'attaque est très utilisé puisqu'elle touche la sensibilité du lecteur qui s'identifie à la personne.

Les relances
Comme son nom l'indique, une relance est faite pour maintenir l’intérêt du lecteur dans la poursuite de l'article entamé. Elle suit l’attaque.
Deux techniques spécifiques sont utilisées pour les relances.
    L'exergue : c'est un bloc de texte qui est séparé de l'article central. Il est généralement placé en milieu de page ou avant d'entamer la deuxième page d'un article. L'intertitre : en fonction de la typologie des journaux, il se place soit en début de phrase et en caractère gras (" Libération ") soit en haut d'un paragraphe et en gras toujours (" Le Monde "). Comme l'exergue, il doit donner envie au lecteur de poursuivre sa lecture. C'est souvent une phrase ou un mot, qui annonce ce qui va se dire dans le paragraphe qui suit.
La chute
Le lecteur a lu votre article jusqu'au bout puisqu'il arrive à la chute, ultime phrase de l'article. Ne vous inquiétez pas si votre chute n'est pas brillante. Rappelez-vous que le journaliste est avant tout un artisan et non un artiste. Et le contenu de l'article (une info par phrase) est plus important que l'ouverture sur un autre problème ou qu'une morale dissimulée.
Néanmoins, selon votre style et votre forme d'esprit, vous pouvez orienter cette chute en lui apportant une vision, ou en vous permettant un petit clin d’œil.

Forme et fond du contenu

Ton informatifLe ton de l'article
Le ton de l'article varie en fonction du sujet et de la politique éditoriale du support pour lequel vous travaillez.
Sur un sujet grave (accidents, morts, sida), le ton est déjà donné... En revanche, pour les sujets politiques ou de société, plusieurs tons sont possibles.
    Ton informatif : le but est de donner l'information essentielle. Exemple : Un car s'est écrasé sur l'A7: 15 morts, et 3 blessés.
    Ce ton est celui des agences de presse (AFP, REUTERS, TASS ). Il permet de donner les premières informations brutes, sans analyse ni commentaire.
    Ton analytique : les articles analytiques suivent souvent des papiers informatifs. Là, le journaliste aborde un problème ou les enjeux d'une affaire en commentant, en analysant, formant des hypothèses concernant l’information.
    Ton sarcastique : très employé par des journaux comme le " Canard Enchaîné  " ou " Charlie Hebdo  ", le ton est à la fois informatif, et volontairement ironique, avec des informations qui sont tournées en dérision. Attention! Ce ton est difficile à employer. Car il faut connaître suffisamment le sujet, pour s'en amuser. Et les risques de poursuites pour diffamation ne sont pas rares...

Conclusion

En respectant les règles qui codifient son contenu, le journaliste garantit une lecture optimale de l’article et donc une bonne transmission des informations qu’il contient. A partir de ces règles " de base ", vous pouvez maintenant vous essayer à l’écriture journalistique ou tout simplement vous amuser à décoder la structure des articles de votre quotidien préféré.

Article posté Par Manfred SOVI  LPA-1

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